Pl@ntNet, le Shazam des plantes ? (Nature)

A la recherche d’une géocache ou simplement en balade, vous vous demandez quelle est cette plante qui vous intrigue. Le hint vous précise que vous recherchez une nano sur un merisier, mais cet arbre que vous voyez là est il le précieux spot ? Il y a des chances que Pl@ntNet vous apporte la réponse à l’aide d’une simple photo. En version Android, iPhone ou web, vous devriez trouver votre bonheur.

La promesse est la suivante : vous prenez une photo d’une partie d’une plante : feuille, fruit, fleur ou tronc, et l’application vous indique de quelle espèce il s’agit. En un mot, l’outil idéal pour ajouter une petite touche de botanique à vos sorties géocaching. Amateur de botanique, mais amateur nul, vais pouvoir délester mon sac de mon… que dis, je… de mes livres de reconnaissance quand je vais géocacher ? Allons tester l’application !

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Tout d’abord un petit mot pour présenter le projet qui est issu de la collaboration de l’association Tela Botanica et d’une unité de recherche mixte qui est affiliée entre autre au Cirad, au CNRS ou encore à l’Inra. Autant dire que le sérieux de l’application est garanti. Son but est d’apporter de l’information aux professionnels et aux particuliers tout en permettant différents projets de recherche grâce à cet outil collaboratif.

Car oui, Pl@ntnet est collaboratif. Quand vous faites une recherche sur une plante vous avez la possibilité, mais non l’obligation, d’ajouter votre photo à la base de donnée afin de l’enrichir. L’intérêt est multiple : tout d’abord vous apporter votre petite pierre aux différentes études en cours et ensuite vous permettez d’améliorer la reconnaissance des futures recherches ou d’augmenter le nombre de plantes reconnues. Cela veut dire que si votre plante n’est pas reconnue aujourd’hui, elle le sera certainement demain… grâce à vous ! Je savais que vous étiez quelqu’un de bien !

En effet, si Pl@ntNet n’est pas parfait, il est toutefois relativement performant pour les plantes communes. Sachez simplement que l’outil est surtout développé pour les plantes sauvages, aussi, il y a moins de chance (pour l’instant) qu’il reconnaisse les fleurs offertes à mémé pour son 80ème anniversaire… ni même pour son 81ème. De même, si vous êtes botaniste expert, il n’est pas dit que le logiciel reconnaisse cette espèce endémique à votre coin de maquis secret puisque la base de données grandissante comporte au 18/09, 6588 espèces pour l’Europe de l’Ouest (sur les quasiment 10 000 que recense l’Inph).

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Plantes sauvages ou plantes d’ornements ? Choisissez votre camp !

Alors globalement, le système est il efficace ? Et bien je dirais que pour l’instant c’est relativement efficace (en voila une information pertinente :p). La façon dont vous allez prendre la photo influe beaucoup sur les résultats. J’ai testé 50 plantes courantes que j’ai compilé dans un tableau. J’ai conscience que 50 tests c’est un peu léger pour être statistiquement fiable (et non, je n’ai pas calculé les intervalles de confiance :p).

1er proposition Autre proposition Absent des propositions Total Pourcentage
Feuilles 10 2 5 17 70%
Fleurs 13 7 1 21 95%
Fruits 8 1 3 12 75%
Total 31 10 9 50 82%

Dans le tableau j’ai séparé le fait que la bonne plante m’ait été proposée en premier ou non, mais je considère toutefois que même si la plante correcte n’est pas en première position, la réponse est juste du moment qu’elle est proposée. A noter que, bien sûr, la reconnaissance d’une fleur est plus performante que celle d’une feuille, ce qui était prévisible. Par contre la reconnaissance des fruits m’a surpris : malgré la présence d’éléments assez caractéristiques sur certains, il peut vraiment mieux faire. Par exemple, la châtaigne avec ou sans sa bogue, ne lui inspire pas la bonne réponse.

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Les photos prises…

 

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… et les réponses trouvées

Mais trêve de discours, faisons ensemble une reconnaissance de plante pour comprendre comment cela fonctionne. Commençons tout d’abord par repérer une fleur… Chut !!! Approchons nous discrètement de la belle. Cette Fabaceae est très craintive, il faudra prendre soin de faire des gestes lents.

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Notre plante test : un chardon vulgaire (sans vouloir l’offenser)

Cliquons sur le bouton « Appareil photo » en approchons encore un peu plus sur la pointe des pieds. Choisissez « Appareil photo » si vous êtes devant la plante ou « Galerie » si c’est pour vous une ancienne conquête. Pour que la reconnaissance soit bonne, il faut essayer de ne prendre en photo qu’un seul organe et de l’isoler du reste. Vous pouvez photographier une feuille, une fleur, un fruit ou une tige/écorce.

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Observation en direct ou en différée

Choisissez ensuite, quelle partie de la plante vous avez pris en photo. Si vous prenez une seconde photo vous pourrez également choisir de prendre la plante en entier.

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A priori, cette question est facile… quoique des fois il peut y avoir des pièges 😉

L’app va vous proposer une liste de plantes : ici, différentes espèces de chardons pour ce qui est des premières réponses. Evidemment l’application tri les photos par plausibilité. Si vous reconnaissez votre plante : bingo ! Plus le nombre d’étoiles est élevé et plus l’application est sûre de son résultat. Pour cette exemple, j’ai choisi volontairement une plante que Pl@ntnet reconnait bien : elle lui attribue donc 5 étoiles contre 0 pour la seconde proposition.

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Youhoo !!! 5 étoiles !!!

Mais voici une recherche où avec une unique photo, l’application sera moins apte à vous donner une réponse franche. Ici le résultat est d’une étoile pour les deux premières proposition. Autant dire qu’avec la seule information fournie, Pl@ntNet ne pourra trancher… et certainement que vous non plus. Soit arrivez à le faire, soit vous pouvez prendre une autre d’un autre organe, une feuille par exemple, en cliquant sur le « + » en bas à droite.

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Choix difficile…

Si la recherche se fait alors que l’on est plus en face de la plante, il est possible de cliquer sur observation pour revoir la photo prise et comparer les images.

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Mais pourquoi donc ma photo se retrouve à 90° ?

Vous pouvez maintenant confirmer votre observation, ce qui mettra en ligne votre photo sur le site de Pl@ntNet. L’intérêt est double : d’une part vous apportez votre petite pierre (ou petite feuille) à la communauté mais également vous constituez votre journal d’observation que vous pourrez consulter sur l’application ou sur le site web.

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Le premier pas vers la postérité

Une fois la reconnaissance faite, les plantes sont ajoutées à la partie « mes observations » qui permet de garder une trace des photos et des noms des plantes découvertes. C’est l’idéal pour en conserver le souvenir et apprendre ces nouvelles plantes. Il est possible de supprimer une entrée ou de la partager. Par exemple, mes observations (photos et nom) sont mises dans mon application Evernote. Par défaut, votre plante est géolocalisée mais vous pouvez le faire à posteriori.

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Direction l’infini !!!

Une fois la reconnaissance faite, l’application s’arrête là. Vous n’aurez pas d’autres informations sur les usages, la comestibilité, etc… Toutefois, il y a un lien direct vers différentes sources dont Wikipédia. C’est pratique, mais le top aurait été d’avoir une information fiable, scientifique et vérifiée directement dans l’application. Je regrette également l’absence de possibilité d’ajouter une note à mon observation, d’où l’usage en parallèle d’une tierce application de note.

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Quelques liens bien utiles

Il est possible d’aller explorer les photos des autres contributeurs en temps réel, et cela a je trouve, un côté assez hypnotique. Il est bien sûr également possible d’aller dans l’explorateur pour rechercher une plante en particulier.

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Les dernières photos prises

Les avantages Les inconvénients
  • Méthode très rapide et très simple : une simple photo suffit.
  • Parfois très performant.
  • Permet de faire de la science participative.
  • Permet d’avoir un suivi des ses observations botaniques
  • Possibilité d’avoir une réponse de la « communauté »
  • Nécessite d’avoir du réseau pour faire une observation sur l’instant
  • Performance moyenne pour l’instant. Il existe des solutions plus fiables (mais moins immédiates)
  • Donne uniquement un nom sans information complémentaire
  • Impossible d’ajouter une note personnelle

 Conclusion : Pl@ntNet un très bon outil à utiliser sur le terrain, pour peu qu’il y ait un peu de réseau, ou de retour à la maison. Si la réponse n’est pas assurée, le pourcentage de réponses est globalement très correct et jusqu’à excellent pour les fleurs. A n’en point douter, il sera certainement plus en plus performant au fur et à mesure que sa base de données se remplira et que les technologies de reconnaissances évolueront. Nous verrons dans un prochain article des outils plus performants, mais dans ces cas, l’intelligence « artificielle » sera la votre 😉

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