Caches Mortelles : le nouveau roman de Michel Aguilar

En décembre 2019, est sorti le second roman de Michel Aguilar ayant comme trame de fond le géocaching. Ayant beaucoup aimé le premier tome, je me suis évidemment immédiatement jeté sur son nouveau roman afin de poursuivre les aventures de Bastien et de Léna. Je vous propose donc de vous faire découvrir ce roman grandement dédié aux géocacheurs. Je vous proposerai une petite piqûre de rappel quant au contexte des deux livres. Attention, ça va saigner !

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Note sur les conflits d’intérêts : Cet article est écrit en toute indépendance. J’ai acheté le roman et aucun lien n’est rémunéré. De plus, comme pour la présentation du premier roman, j’ajouterai que je ne suis pas critique littéraire : je suis géocacheur et lecteur régulier. Mon avis très subjectif n’engage que moi, et je serai heureux d’avoir votre avis sur le livre. 

L’intrigue du roman

Comme je l’ai écrit en introduction, « Caches mortelles » est le second livre de Michel Aguilar ayant comme thème le monde du géocaching. Il est la continuation de « géocaching sanglant » qui nous proposait de suivre plusieurs équipes de géocacheurs. Cette course à travers le monde permettait d’acquérir l’immense domaine viticole de la famille Dubreuil, mis en jeu par son propriétaire. Chaque étape était une énigme retorse aussi bien sur le papier que sur le terrain. Les concurrents qui parvenaient à déjouer tous les pièges concoctés par Christopher, le machiavélique organisateur de l’épreuve, pouvaient accéder à la suite de l’aventure. Et quand d’énormes sommes d’argent sont en jeu, on imagine bien que certaines équipes flirtent avec les règles établies et la morale.

Le nouveau roman vous propose de retrouver plusieurs des personnages dans une course à travers la France et le monde. Attention, pour pouvoir vous présenter ce nouveau roman, je vais devoir donner quelques informations sur le précédent ouvrage. Reprenez votre lecture après le texte en italique si vous ne voulez pas savoir ce qui s’y est passé.

Christopher, l’ancien majordome de la richissime famille Dubreuil, prétend être le père de Bastien, l’actuel gestionnaire des vignes de la famille et ami d’Adrien, le fils et héritier du domaine. Afin d’éprouver son fils supposé et de lui imposer ses conclusions quant à sa supposée paternité, il va conduire Bastien dans une chasse au trésor qui sera également une course contre la montre. L’enjeu final du défi sera la vie de Léna, sa femme. Mais chaque échec à résoudre une énigme dans les temps sera puni par le meurtre d’un de ses proches . 

Vous l’aurez compris, nous sommes, comme sur le premier tome, dans un thriller avec un double enjeu. Le premier sera de savoir si Bastien sauvera son épouse au terme d’une série d’épreuves toutes plus tortueuses les unes que les autres. Le second enjeu portera sur chacune des étapes de l’aventure, qui pourront toutes se conclurent par un cadavre de plus.

Je ne pourrais pas en dire beaucoup plus sur l’intrigue en elle même, sans risquer de vous dévoiler des éléments de l’histoire. À vous de jouer, si vous voulez connaitre la suite.

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Un des protagonistes du roman

Une lecture à plusieurs dimensions

Un des éléments caractéristiques des romans de Michel Aguilar est la possibilité de vivre l’aventure avec plusieurs degrés de lecture. Si vous avez lu mon article sur ‘Géocaching sanglant‘, je suis désolé, il va y avoir quelques redites.

La lecture classique : Vous pouvez tout d’abord aborder le livre comme un livre classique. ‘Caches mortelles’ est avant tout un roman. Installez-vous donc dans votre fauteuil, mettez un peu de musique douce, tamisez la lumière et laissez votre imagination vous porter.

La lecture avec plongée virtuelle dans les paysages : Le roman dispose de nombreux QR codes. La plupart vont vous proposer des vues Google Street View des lieux visités par les personnages. Vous trouverez également quelques informations complémentaires : photos, énigmes, cartes… Tout ceci vient apporter une dimension immersive supplémentaire parfois très intéressante.

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Vous pouvez aller vous immerger dans le lagon

Les QR codes sont présents en fin de chapitres et ne viendront donc pas interférer avec votre image mentale des lieux. J’ai souvent apprécié de pouvoir comparer la réalité des lieux avec ce que j’avais imaginé. J’ai également beaucoup aimé le fait d’aller me plonger dans les paysages magiques de certains spots. Toutefois, j’ai fini par ne pas aller voir d’autres lieux plus banals, comme certains bords de route. L’avantage est que comme les QR-codes sont légendés, vous pouvez décider si le lien est susceptible de vous intéresser ou non. Certains voudront tout voir, certains ne seront pas intéressés du tout par cette couche d’interactivité et d’autres, comme moi, choisiront en fonction des moments. C’est tout l’intérêt du système.

J’ai particulièrement apprécié la possibilité d’aller voir des photos prises sur place par l’auteur, comme celle en Alaska. Je n’ai qu’un regret : j’aurais aimé en avoir pour plus de lieux. 😉

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Nous commençons notre périple en Alaska

La lecture avec résolution des énigmes : Chaque avancée de Bastien est soumise à la résolution d’une énigme permettant de gagner l’étape suivante. Cette énigme, concoctée par Christopher, nous est bien sûr également destinée à nous, lecteur. Vous pouvez donc arrêter votre lecture au moment où l’énigme est présentée et la résoudre avant de reprendre votre avancée. Vous apprendrez alors si vos conclusions sont bonnes ou non.

Celles-ci sont variées et de tous niveaux. Je n’ai toutefois pas pris le temps de les résoudre au cours de la lecture, j’ai préféré avancer dans l’intrigue : je suis désespérément monotâche.

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Une énigme facile

La lecture avec progression sur le terrain : Dans « Caches mortelles », les lieux et certains personnages sont réels. Vous pourrez donc vous promener dans les décors du livre si le cœur vous en dit.  Et point plus intéressant, les géocaches également sont réelles, tout comme les géocacheurs du roman ! Et ça, c’est quelque chose qui va ravir les chasseurs de caches que nous sommes. Je vais détailler cela un peu plus bas.

 

Un roman ancré dans l’univers du géocaching

Dans ce second tome, l’intégration du roman avec l’univers du géocaching a été plus poussée que précédemment. Je vais peut-être dire des bêtises, mais d’après ce que j’avais compris du premier tome, vous pouviez trouver des boites dans certains lieux de l’intrigue, mais elles n’étaient pas des géocaches. Cette fois-ci, vous pouvez trouver de vraies géocaches déjà existantes ou qui ont été posées spécialement pour le livre. Vous pourrez donc, tout comme le héros, aller chercher les mêmes caches que lui pour vous plonger plus avant dans l’aventure de ‘Caches mortelles’. Et clairement, ça change tout ! Quand la cache existe sur le terrain, vous aurez une petite indication dans le roman.

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Une des caches par laquelle passera Bastien

Vous trouverez en gros deux zones de « chasse » : une en Normandie avec une boucle posée par FrekiGeri (qui fait une apparition dans le roman) et une, plus large en PACA avec des caches de lescigales et de Michel Aguilar, lui-même ! Vous pouvez ajouter à cela une cache en Nouvelle-Calédonie posée par Fishiam. À noter qu’une des caches du livre a été archivée pour cause d’incendie… Tiens, ça me fait penser à quelque chose dans le roman…. J’ai fait une liste publique qui reprend les caches du livre, si vous voulez les parcourir. Ce sont en tout 25 caches que vous pourrez aller loguer.

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Les caches de « Caches mortelles » en France

L’idée de pont réalité/intrigue est également prolongée par deux numéros trackables présents dans le roman. Je ne vais évidemment pas vous en donner les numéros, il vous faudra lire le roman pour les découvrir. Les deux appartiennent aux rédacteurs du site Café Géocaching et qui est mêlé mystérieusement avec les sombres projets de Christopher. Mais là encore, ce sera à vous de découvrir la relation. Et que dire du pseudo Fina18, bien connu des géocacheurs amateurs d’Arduino.

Bref, ce sont de nombreuses passerelles qui existent entre les univers du géocaching et du roman. Et c’est un plaisir de voir que plusieurs géocacheurs se sont prêtés au jeu.

En plus de ces éléments concrets avec lesquels vous pourrez interagir, on ressent une connaissance plus poussée de l’auteur avec le monde du géocaching que dans son premier tome. Et c’est un vrai plus. Je vais me permettre de chipoter toutefois, sur le format des coordonnées toujours exprimées sous la forme « degrés, minutes, secondes » alors que les géocacheurs utilisent généralement la forme « degrés, minutes décimales ». C’est un détail, mais si Christopher était un géocacheur, il utiliserait naturellement plutôt ce genre de formulation.

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Un des TB qui va voyager (la flèche, pas le dragon :p)

 

Mon avis (très subjectif) sur le roman

J’ai beaucoup aimé poursuivre l’aventure avec tous les personnages gravitant autour du couple de Bastien et Léna. L’intrigue est fluide et le tempo imposé par Christopher permet de maintenir une tension tout au long de l’histoire. On suivra en parallèle les deux principaux protagonistes vivant chacun leur lot de rebondissements et d’aventures, toujours sur le fil entre réussite et échec.

J’ai également beaucoup aimé la façon dont sont plantés les décors. La connaissance des lieux visités par Michel Aguilar est mis à profit pour nous immerger dans quelques très beaux paysages d’Alaska, de l’archipel de Komodo ou de Nouvelle-Calédonie. Mention spéciale également pour les connaissances en éthologie dans un roman où, encore une fois, les animaux jouent une place importante dans les plans de Christopher.

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Sur l’ile de Rinca

Ces deux éléments étaient d’ailleurs déjà très présents et parfaitement intégrés dans « Géocaching sanglant » . Par contre, si j’avais beaucoup apprécié le premier tome, j’avais des petits reproches à lui faire. Pas grand-chose, certes, mais juste quelques « facilités d’écriture » et situations un peu hasardeuses qui donnaient un côté un peu poussif au début du roman. Ici par contre, toutes les situations sont crédibles, calibrées et explicables. De plus, dès les premières pages, on est dans l’ambiance « Thriller » avec une histoire qui démarre immédiatement très fort et superbement.

Ici, les personnages principaux fonctionnent par couples : un couple de policiers aux vues opposés, un ‘couple’ de frères présentant des formes de troubles autistiques opposées, un couple d’exécuteurs vénaux et sans scrupules, mais aux caractères opposés et bien sûr un couple de victimes/héros ayant des rôles également opposés et variables selon les moments de l’histoire. J’ai trouvé cette dichotomie des binômes intéressante. Cela donne du relief à l’histoire, même si je n’ai pas réussi à me mettre en empathie avec le couple de policiers qui est parfois un peu « cliché ». Pour ce qui est du couple Christopher/Jonas, l’apparition de Jonas permet vraiment de donner une profondeur intéressant au fonctionnement de Christopher qui ne devient pas un « super-vilain » de comics américain, mais plutôt un personnage torturé. Là encore, je ne peux pas en dire trop sans dévoiler des éléments de l’histoire.

Si je me permettais de chipoter encore un peu (allez, je me permets, c’est mon blog :p ), je dirais que la petite partie d’introduction est très bonne, mais que justement elle est trop bonne et aurait mérité peut être de prendre plus de place dans l’intrigue, avec peut être un déroulement en parallèle du reste du roman et une intrication plus forte sur la fin. Je ne dis pas que j’ai la solution pour réussir cela, mais juste que j’ai été tout de suite pris par cette courte histoire et qu’il y a une petite déception à la voir disparaître totalement pour revenir sous forme assez anecdotique. Je reste un peu sur ma faim quant à cet élément de l’intrigue qui prend soit trop de place (au niveau de l’intensité), soit pas assez. C’est ça le drame d’avoir rendu ça si intéressant et de débuter par ça. 😉

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Un des lieux de l’intrigue en Camargue

 

Faut-il avoir lu « Géocaching sanglant » avant de commencer « Caches mortelles.

À mon sens, comme les bonnes bières, la réponse est triple :

Non, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier tome. « Caches mortelles » peut se lire sans être passé par l’univers du premier livre. Tout ce que vous aurez besoin de savoir vous sera expliqué par l’auteur, soit en introduction du livre, soit au fur et à mesure par des rappels discrètement placés.

C’est mieux, car cela vous permettra de profiter au mieux de l’aventure. Le fait de connaitre les personnages, leurs personnalités et surtout leurs interactions passées, va enrichir votre lecture du livre.

Oui, il faut l’avoir lu d’abord. En commençant par « Caches mortelles », vous allez vous gâcher grandement l’aventure de « Géocaching sanglant » si vous décidez de le lire par la suite. En effet, la lecture de cette deuxième partie va vous exposer beaucoup d’éléments du premier opus, ce qui est vraiment dommage si vous souhaitez lire le premier roman et profiter de l’aspect « thriller ».

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Le premier roman

 

Où acheter Caches mortelles et Géocaching sanglant ?

La première option est de vous rendre sur le site de Michel Aguilar , vous pourrez y commander les deux romans dédiés au géocaching, mais également ses autres livres. Vous pourrez également y demander une dédicace, ce qui est toujours agréable. À noter que par ce biais, vous pouvez avoir un prix dégressif si vous commandez plusieurs livres.

La seconde option est de passer par le site Cache Boutique où vous trouverez Caches mortelles et Geocaching Sanglant. Le prix des romans est de 18€.

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